Auger
de BOUSBECQUES :

Né à Comines en 1522.
Décédé près de Rouen en
1592.
Botaniste.
Diplomate.
Sa première mission diplomatique le mène
à Londres
lors du mariage de Philippe II et de Mary Tudor. Le succès
en
est complet et Ferdinand, frère de Charles-Quint, l'envoye
en
Turquie défendre les intérêts de
l'Autriche. Il y
fait deux longs séjours en 1544 et 1562. Il parvient
à
négocier des trèves et à
éviter que le
Sultan Soliman II n'attaque l'Europe centrale. Il occupe ses loisirs
à enrichir ses connaissances en botaniques.
De retour en Autriche, il reçoit la direction de la
bibliothèque impériale de Vienne, qu'il enrichit
de
nombreux manuscrits.
Il ramène dans ses bagages de nombreuses plantes et
notamment la
tulipe, le glaïeul, le lilas et le marronnier d'Inde.
Il est nommé gouverneur des enfants royaux et voyage avec
eux
à Madrid et à Paris où il accompagne
la princesse
Elisabeth qui va épouser Charles IX.
Il revient en France comme ambassadeur auprès d'Henri III.
Il meurt près de Rouen des blessures reçues lors
d'une attaque de brigands.
Louise de BETTIGNIES :
Née près de St Amand les Eaux en 1880.
Décédé à Lille en 1918.
Résistante.
Polyglotte, elle obtient facilement des emplois d'importance
auprès de familles princières. L'archiduc
François-Ferdinand d'Autriche, qui sera assassiné
à la veille de la 1ere Guerre Mondiale, lui propose
même
une place de gouvernante qu'elle refuse pour ne pas abandonner la
nationalité française.
Infirmière à Lille dès le
début de la
guerre, elle parvient à porter près de 300
messages entre
les membres de familles séparées.
Les services de renseignement anglais informés, lui
demandent de travailler pour eux.
Elle organise avec son amie, Léonie Vanhoutte, un vaste
réseau, le "service Alice" qui collecte des renseignements
acheminés par des courriers hebdomadaires jusqu'à
Folkestone.
Arrêtée à Froyennes en octobre 1915,
elle passe en
conseil de guerre à Bruxelles. Elle est condamnée
à mort mais cette peine est commuée en
détention
à vie. Incarcérée à
Sieburg, peu
vêtue, mal soignée, elle contracte une pneumonie
et
décède dans un hôpital de Cologne le 27
septembre
1918.
Alexandrine de BLESCHAMPS
:
Née à Calais en 1758.
Décédée en 1855.
Epouse de Lucien Bonaparte, frère de Napoléon 1er.
Bourgeois de Calais :
XIVe siècle.
Ils avaient pour noms : Eustache de Saint-Pierre, Jean d'Aire, Jacques
et Pierre de Wissant.
En 1346, après la bataille de Crécy, le roi
d'Angleterre, Edouard III, met le siège devant Calais.
La ville resiste pendant 8 mois en se ravitaillant par la mer.
L'assiégeant doit mettre 120 navires au large de la ville
pour
l'empêcher de recevoir de l'aide.
En 1347 la ville se rend, 6 bourgeois de Calais viennent remettre les
clés de la ville, les pieds nus, en chemise et la corde au
cou.
Ils proposent leur sacrifice contre la vie des habitants de la ville.
La reine, Philippine de Hainaut, admire leur courage et demeure au roi
la vie sauve pour les bourgeois. A contrecoeur, il accepte.
Calais devient ville anglaise et le demeure jusqu'en 1558.
Antoine BRASSEUR :
Né à Lille en 1819.
Décédé à Lille en 1886.
Antiquaire et mécène.
L'enfant est déposé le lendemain de sa naissance
dans le tour de l'hospice.
Il est alors confié à une nourrice de
Péronne en Mélantois qui le soigne bien.
A 12 ans, il revient à l'hospice pour acquérir un
minimum d'instruction.
Il est mis en apprentissage, comme "peintre en équipage" et
se
spécialise dans la réalisation des armoiries.
Il se lie d'amitié avec un habile ouvrier, noble
ruiné, Henri de la Motte-Fouquet.
Il s'installe à sa sortie de l'hospice avec lui comme
restaurateur et revendeur de tableaux.
Il fait par hasard la connaissance de son frère
aîné, installé à Cologne
comme marchantd
d'art. Il part s'y installer et se constitue une superbe collection
personnelle.
A sa mort, il lègue au musée des beaux-arts de
Lille, 140
toiles et une importante somme d'argent pour des acquisitions futures.
Marianne
BRILLARD dite Marianne toute seule:
Née à Berck sur Mer en 1812.
Décédé en 1874 à Berck sur
Mer.
Ayant perdu son mari et ses 4 enfants du choléra en 1852,
elle
se dévoue pour les petits souffreteux, malingres ou
scrofuleux
de la
région de Berck.
Devant le succès obtenu, l'Assistance Publique
s'intéresse à la ville et crée le 1er
hôpital maritime, inauguré par
l'impératrice
Eugénie.
CADET-ROUSSELLE :
Il existe trois postulants au titre...
Deux d'entre-eux concernent la région.
Le premier serait né à Cambrai vers 1750.
Socialement
instable, il réalisait des découpages en papier
d'une
finesse extraordinaire. Tourmenté par les gamins du pays, il
se
serait réfugié à Douai, il aurait
vécu
là tout aussi misérablement, couchant dans un
four
abandonné et y serait mort en 1809.
Le deuxième, Guy Cadet-Rouxelle, originaire de Paris serait
venu
à Cambrai puis à Lille vers 1782. On a
conservé de
lui des publicités proposant des oeuvres
découpées
en papier. Au musée de Douai, se trouve un portrait
présumé de ce dernier, tenant à la
main une de ses
oeuvres.
Le troisième, Guillaume-Joseph Cadet-Roussel, né
en 1743
dans le Jura était clerc de notaire à Auxerre
à la
Révolution. Pour le ridiculiser ses adversaire aurait
créé cette chanson que des volontaires
aurait
apporté dans le Nord en 1792.
Qu'en conclure ?
Les dernières recherches semblent confirmer à la
fois
l'origine brabançonne de l'air et celle auxerroise des
paroles !
Joseph CASTEL :
Né à Roubaix le 6 mars 1780.
Décédé à Lille le 6
septembre 1859.
Marchand. Garde national.
Le personnage est pittoresque, d'abord garde national puis dragon dans
les armées de l'Empire, une fois rendu à la vie
civile,il
s'installe comme "marchand de bleu" à Lille. Cette
profession
disparue était alors prospère, elle consistait en
la
vente de "bleu" qui donnait un apprêt au linge.
Des farceurs lui déclarent alors que s'il s'habille en bleu,
il
sera sa propre enseigne et fera sa publicité partout
où
il se rendra.
Il les prend au mot et désormais ne portera plus que des
vêtements et accessoires de cette couleur.
Il s'attribue même le titre de "SM l'homme bleu 1er, roi de
Lille" !
Affirmant par ailleurs que le nombre 364 lui porte chance, il courtise
364 femmes de la région, auxquelles il adresse 364 lettres
de
rupture !
Le personnage n'est pas agressif, il distribue des images
coloriées en bleu aux enfants.
Il meurt en 1859, sans avoir réalisé son
rêve fou de se marier centenaire avec une centenaire...
Victor CHOQUET :
Né à Lille vers 1840.
Décédé vers 1898.
Collectionneur de tableaux impressionnistes.
Petit employé des douanes, il consacre une part importante
de son budget à l'achat de toiles.
Ses premiers achats sont des Delacroix et des Manet.
Il rencontre Renoir en 1875, qui l'année suivante fait son
portrait.
Renoir le présente à Cézanne qui fait
lui aussi deux fois son portrait en 1877 et 1889.
A sa mort, il possède 32 Cézanne, 11 Monet, 11
Renoir, 5 Manet et de nombreux dessins et aquarelles.
Sa veuve vend la collection en 1899 avec un confortable
bénéfice.
Charles de CROY :
Né à Beaumont en 1560.
Décédé à Beaumont en 1612.
Commanditaire des albums dit "de Croÿ".
De 1596 à 1598, il fit réaliser par le peintre
valenciennois Adrien de Montigny, 23 volumes de 2500 gouaches de vues
et plans de la région.
Il eut l'idée de faire reproduire les plans cadastraux, non
sur
papier mais sur parchemin et d'y adjoindre la vue de chacune des
localités, peinte à la manière d'un
petit tableau.
Les relevés concernent le Hainaut, le Brabant, l'Artois, la
Picardie, le Namurois et la Flandre.
Jean de la CAMBE dit
GANTOIS :
Né à Lille en 1410.
Décédé à Lille en 1496.
Bourgeois de Lille. Fondateur de l'hospice Gantois.
Riche commerçant, dont la famille est installée
à
Lille depuis 1322 mais originaire de Gand, d'où le surnom de
Gantois.
Notable, il est l'un des Huit Hommes (ainsi se nommait les
répartiteurs dimpôts), échevin et
même
voir-juré (expert) à plusieurs reprises.
Sa fortune devait être considérable puisqu'il est
nommé "Roi de l'épinette" en 1442, cet honneur
coûteux était réservé
à de riches
bourgeois en mesure de payer les frais des quinze journées
de
fêtes du moi de mai (tournois, banquets...).
En 1460, il fonde à Lille, l'hospice St Jean Baptiste, qui
reste
connu sous le nom de son fondateur, destiné à
l'accueil
de "13 anciennes gens décrépites et
débiles".
En 1472, il fait envoyer à l'armée de Charles le
Téméraire qui assiège Beauvais mais
meurt de faim,
un convoi de vivres à ses frais.
Enfin en 1481, il fait don de plusieurs maisons pour y installer le
couvent des Madelonnettes, "filles de légère vie
qui se
voudraient ôter du péché public et
amender leur
vie".
A sa mort, il laisse de nombreuses fondations pieuses "pour la
rémission de ses péchés".
Jules de VICQ :
Né à Lille en 1808.
Décédé à Lille en 1881.
Né dans une famille aisée de Flandre, il peut
consacrer
sa vie à ce qui le passionne : les collections d'art.
Dès sa sortie du collège, il achète
des livres
rares. Puis il étend son intérêt au
mobilier,
à l'ivoire, aux vitraux mais aussi aux émaux et
aux
miniatures.
Il montre volontiers ses collections aux visiteurs
interessés et
les commente avec compétence car il ne cesse de se
documenter.
En 1874 est organisée une spectaculaire exposition d'art
religieux à Lille qui réunit près de
3000 objets,
il est un des principaux prêteur.
A la suite de cet évènement, il est
nommé
administrateur de deux des commissions qui administrent les
musées lillois.
Il décide alors de léguer un nombre important de
ses plus belles pièces aux musées.
Après le décès de son mari, sa veuve
fait une
nouvelle donation et ce sont au total près de 500 objets qui
rejoignent les collections lilloises.
Les collections sont d'abord installées au Palais Rihour
puis
réparties dans les différents lieux d'exposition.
Sa veuve, à 83 ans, voulant offrir une cloche à
son
église paroissiale et ne le pouvant, faute de clocher, le
fait
bâtir et peut y installer une cloche de 5 tonnes.
François-Joseph
DUPLEIX
:
Né à Landrecies en 1697.
Décédé à Paris en 1763.
Administrateur colonial.
Né dans une famille puissante et riche, son père
est
actionnaire de la Compagnie des Indes, il l'envoye aux Indes
à
18 ans en raison de ses fredaines.
Il se marie avec Jeanne de Castro, créole d'origine
portugaise,
qui connaît parfaitement les langues et les moeurs de l'Inde
et
qui sera pour beaucoup dans ses succès.
En 1731, il obtient le titre de gouverneur de Chandernagor, qui lui
permet de réaliser de fructueuses opérations en
Inde mais
aussi en Chine.
Il utilise habilement la guerre entre potentats locaux pour
accroître l'implantation française. Il prend
possession du
comptoir de Pondichéry en 1742.
Le traité d'Aix la Chapelle permet à Dupleix
d'essayer de
mettre en place un régime de protectorat des Indes.
Il se heurte aux Anglais qui souhaitent eux-aussi s'implanter aux Indes.
Le gouvernement et la Compagnie des Indes trouvent les
dépenses
à engager trop importantes et il est rappelé en
France en
1754.
Sa femme meurt en 1756.
Il passera la fin de sa vie à tenter de
récupérer
auprès de la Compagnie les sommes qu'il a engagé
sur sa
fortune personnelle.
Paul
GACHET :
Né à Lille en 1828.
Décédé à Auvers en 1909.
Médecin. Collectionneur d'art. Peintre occasionnel.
Il fréquente à Paris, Courbet et les
impressionnistes.
Il les héberge à Auvers et les protège.
La valeur marchande des tableaux qui sont
réalisés chez
lui à cette époque représentante de
quoi faire
vivre plus de 100 ans dans des palaces tous ses
protégés
alors proches de la misère.
Malgré tous ses efforts, il ne parvient pas à
empêcher le suicide de Van Gogh.
En achetant les oeuvres de ces peintres incompris, il se constitue une
exceptionnelle collection dont le Louvre possède suite
à
une donation de son fils, une importante partie, parmi ceux-ci on peut
citer 7 Cézanne, 5 Van Gogh, 3 Pissaro, 1 Renoir, 1 Monet
etc.
Le médecin est également peintre occasionnel
signant ses
oeuvres Paul Van Ryssel (Ryssel est le nom flamand de Lille).
Nicolas GOSSON :
Né à Arras en 1506.
Décédé à Arras en 1579.
Avocat.
Il est exécuté à Arras en 1579 pour
avoir encouragé des troubles contre l'Echevinage.
Alexandre LELEUX :
Né à Lille en 1812.
Décédé à Lille en 1873.
Journaliste et amateur d'art.
Après des études classiques, il entre au journal
que dirige son père, "L'écho du Nord".
A l'époque ce quotidien est en constante opposition avec la
censure impériale.
Célibataire et disposant de revenus importants, il voyage
beaucoup et achète de nombreuses toiles de
Maîtres. Il se
constitue peu à peu une collection reconnue
internationalement.
A sa mort, en 1873, il lègue au Musée de Lille
les 200
oeuvres constituant sa collection composée de peintures
hollandaises et flamandes de grand intérêt. C'est
la
première grande donation que reçoit le
musée.
Adrien MAES :
Né à Aire sur la Lys en 1762.
Décédé à Lille en 1823.
Barbier-perruquier.
Il vient s'installer à Lille très jeune
où il se marie en 1786 avec une "faiseuse de modes".
Il tient commerce de barbier-perruquier.
En 1792, lors du siège de Lille par les Autrichiens, les
assaillants cherchent à faire plier la population par un
bombardement incessant.
Il tirent jour et nuit à boulet rouge et
déclenchent des incendies dans la ville.
Des parades sont trouvées par la population, des guetteurs
surveillent la direction des tirs et préviennent les
pompiers,
tandis qu'on étend du fumier maintenu humide sur les
planchers
des greniers.
Dans ce contexte, Adrien Maes, dont l'échoppe
située sur
l'actuelle rue du Molinel vient d'être bombardée,
s'installe dans la rue pour continuer son travail.
Son matériel ayant été
détruit il utilise un grand éclat de bombe comme
plat à barbe.
22 lillois viennent se faire raser dans ces conditions.
Finalement le bombardement est un échec et les Autrichiens
vexés d'être tenus en échec par une
armée de
boutiquiers se retirent le 8 octobre.
Après le siège le barbier est employé
aux assignats puis devient agent de change rue de Paris.
Il fait de mauvaise affaire et termine sa vie comme tenancier d'une
pension de famille rue Basse.
Jeanne MAILLOTTE :
Personnage légendaire.
Malgré une trève signée en 1579, les
combats entre
protestants et catholiques se poursuivent dans la région.
Les environs de Lille sont souvent attaqués par les
Tournaisiens surnommés les Hurlus.
Lille prend des mesures pour se protéger et on expulse ou on
execute les contestataires.
Mais le 29 juillet 1582, une bande venant de Menin commence
à envahir les faubourgs de la ville.
La propriétaire d'un cabaret, Jeanne Maillotte, se met
à
la tête des milices bourgeoises et des archers de St
Sébastien qui repoussent l'assaut.
Voilà pour la légende.
En fait, si l'assaut a bien eu lieu et fut repoussé, il
n'est
fait mention d'une femme que deux siècles plus tard, elle
n'a
d'abord pas de nom, puis est simplement appelée Maillotte,
enfin
elle devient Jeanne Maillotte, peut-être par rapprochement
avec
Jeanne Hachette de Beauvais.
Mais la légende a la vie dure et en 1936, la
municipalité
de Lille a fait ériger une statue au milieu de l'avenue du
Peuple belge en hommage à la jeune femme !
Charles RAMEAU :
Né à Fournes en 1791.
Décédé à Templeuve en 1876.
Horticulteur.
Il naît au sein d'une famille aisée à
Fournes.
Ses parents viennent s'installer peu après sa naissance
à Lille.
Il a une passion, l'horticulture et il est un des membres fondateurs de
la Société d'horticulture de Lille.
Il consacre aussi beaucoup de temps à l'action publique, il
est
conseiller municipal et vice-président du Comité
d'instruction primaire.
Au décès de sa femme, il fait un don à
la ville de
Wazemmes qui lui permet de commencer les travaux d'un hôpital
(St
Roch).
Il est riche mais vit modestement. Tout le monde ignore son grand
projet : faire don à la ville de Lille d'une somme
suffisante
pour bâtir un palais consacré à
l'horticulture et
à la musique.
Il fait un 1er don de 300000 francs en 1875 mais les plans
élaborés par les architectes pour
élever un palais
de style mauresque dépassent ce montant.
Il fait un nouveau don de 50000 francs et lègue sa maison.
Il met quelques conditions à sa donation, que le palais ne
serve
qu'à des manifestations liées à la
musique ou
à l'horticulture et que la ville de Lille entretienne
à
perpétuité sur sa tombe, un plan de vigne, un
dahlia, un
plant de pomme de terre, un fraisier et un rosier. De plus la ville
devra assurer un sort heureux à ses chèvres et
à
leurs descendantes.
Il meurt en 1876, regretté par beaucoup.
Le palais sert désormais à d'autres usages, les
plantes
qui poussent sur sa tombe sont bien différentes de celles
qu'il
avait choisi, et les chèvres ne sont plus là, les
guerres
leur ont été fatales. Mais le chalet
fréquenté aujourd'hui par les marionnettistes
était l'abri des chèvres...
Edouard REYNART :
Né à Lille en 1802.
Décédé à Lille en 1879.
Conservateur du Musée de Lille.
Né dans une famille très aisée de
Lille, il montre rapidement des talents de peintre.
En 1840, un de ses parents, conservateur, prend sa retraite. Il le
secondait bénévolement depuis
déjà quelques
années et il reprend le flambeau.
Il est officiellement investi du titre de conservateur deux ans plus
tard.
Le maire, inquiet des idées novatrices du nouveau
responsable,
crée une commission chargée de
contrôler les
activités du Musée.
Il parvient à séduire les membres de l'instance
supposée le surveiller.
Il a de nombreuses relations, il parvient à susciter des
legs et
à faire des achats judicieux, il sollicite aussi sans cesse
le
gouvernement pour obtenir des dépôts
intéressants.
En 1840, le musée posséde 192 toiles, en 1875, on
est passé à 759 !
En 1874, sont achetées "Les jeunes" et "Les vieilles" de
Goya.
La commission ne souhaite acheter que le premier, Reynart contacte ses
relations et un groupe de ses amis achète le second pour
l'offrir à la ville...
Il publie des catalogues, installe un musée des gravures,
aménage un second musée au Palais Rihour...
Il meurt en 1879, la ville de Lille ne le payait plus depuis 1848, la
somme étant allouée à des achats de
tableaux.
Il lègue une somme importante pour les acquisitions
ultérieures.
Edouard VAN HENDE :
Né à Lille en 1819.
Décédé à Lille en 1900.
Numismate.
Son père est instituteur, il fait ses études au
lycée de Lille puis s'associe en 1841 avec son
père
à la direction du pensionnat de garçons que
celui-ci a
créé en 1831.
Un rédacteur du journal "L'artiste" lui demande un article
en 1850. Il lui adresse une étude de nimismatique.
En 1858, il fait paraitre une "Numismatique lilloise" de 288 pages !
L'atelier de monnaie lillois ayant fermé en 1857, elle se
veut
exhaustive.
Plusieurs fois complété, cet ouvrage devenu la
référence dans son domaine, est toujours
utilisé
de nos jours.
En 1859, son père lui céde la direction du
pensionnat.
Suite à la parution de son livre, il devient membre de la
Commission histoirique du département du Nord, de la
Société Impériale de la science, de la
nature et
des arts, de la société royale de numismatique de
Belgique.
Il s'interesse également à l'histoire locale.
Pendant 14
ans, il fait paraitre un agenda du commerce, qui outre son
utilité pratique, contient de nombreuses informations sur
l'histoire de Lille. Toutes ces notices sont regroupées dans
une
"Histoire de Lille".
En 1866 pour fêter le 25e anniversaire de sa vie
d'enseignant, il
fait graver quelques centaines de médailles qu'il distribue
à ses élèves.
En 1880, il participe à la création de la
Société de géographie.
A sa mort, il lègue au Musée de Lille, 50 objets
ou
médailles à choisir dans sa collection. Sa veuve
y ajoute
la totalité des médailles lilloises.
François VIDOCQ
:
Né à Arras en 1779.
Décédé à Paris en 1857.
Bagnard. Chef de la police.
Il est fils d'un boulanger d'Arras, il s'enfuit à 17 ans de
chez
lui en volant de l'argent à son père et s'engage
dans
l'armée. Peu après il déserte.
Pendant plusieurs années, il s'engage et déserte
plusieurs fois. Au passage, il vole.
Il se déplace entre Arras, Bruxelles, Douai et Lille.
Il connaît bien les prisons de ces villes où il
fait de
fréquents séjours mais ne finit jamais sa peine.
Il est envoyé au bagne, il passe successivement à
Brest, Nantes et Toulon mais s'en évade également.
Les services de police en viennent à penser qu'il peut leur
être utile, sous l'Empire d'abord, puis entre 1823 et 1827 et
enfin de 1832 à 1837.
Il occupe même un temps un poste élevé
de responsable de la police à Paris.
Il meurt de façon obscure et probablement dans la
misère à Paris en 1857.
Il aurait servi de modèle à Balzac pour Vautrin
et à Victor Hugo pour Jean Valjean.
Jean-Baptiste WICAR :
Né à Lille en 1762.
Décédé à Lille en 1834.
Peintre. Collectionneur.
Il naît dans une modeste famille de Lille et ne peut
poursuivre
ses études que grâce à la
générosité de lillois.
Eléve de David, il devient le
préféré du maître.
Bien qu'excellent portraitiste, il est contraint de s'exiler en Italie
après la chute de Robespierre. Il y devient un des experts
chargés de guider les commissaires français qui
choisissent après les victoires de Bonaparte en Italie, les
oeuvres à ramener en France.
Il se constitue à cette occasion une très belle
collection de dessins.
Quand le Directoire tombe, le Consulat met fin aux "pillages
officiels". Il décide cependant de rester à Rome,
où il connaît un réel succès.
En 1832, il reprend contact avec sa ville natale à la suite
de
la visite de deux membres de la Société des
sciences et
des arts de Lille.
Il décide alors de léguer à la
Société qui en fera don au Musée des
beaux-arts,
sa collection d'oeuvres d'art.
De même il crée une fondation destinée
à
l'entretien des jeunes artistes à Rome qui existe toujours.
Batiste CHAMBRAY dit
Batiste
CANTAING :
Né à Cantaing sur Escaut.
Décédé
Inventeur de la batiste.
Cet ouvrier aurait inventé cette toile très fine
et
très légère
réalisée avec une armure
de fils de lin à l'origine.
Elle devait être tissée dans des caves humides
pour que le fil garde toute sa souplesse.
On en faisait des mouchoirs, des blouses et des robes de
baptême.
La qualité de ce tissu fit la renommé de toute la
région de Cambrai.
Antoine-Joseph MONEUSE :
Né en 1768.
Décédé à Douai en 1798.
Chef de brigands.
Il est issu d'une famille qui n'est pas inconnue de la justice, son
grand-père est mort à la prison de St Omer
où il
purgeait une peine de 14 ans pour avoir pillé des troncs
d'église.
La famille, originaire d'Armentières vient s'installer
près de Douai en 1776.
Il agit en France comme en Belgique, attaquant les diligences comme les
maisons et n'hésitant pas à chauffer les pieds
des
victimes au feu pour connaître l'emplacement du magot.
Sa bande peut regrouper 300 malfaiteurs selon ses
déclarations.
Le 18 juin 1798, il est conduit à l'échafaud pour
être guillotiné à Douai.
Philippe-Christine de
LALAING,
princesse d'ESPINOY :
Née à Condé sur Escaut vers 1560.
Décédée.
Héroïne de Tournai.
Elle épouse en 1579 Pierre de Melun, gouverneur de Tournai,
ville essentiellement calviniste.
En 1551 la ville est attaquée par les troupes d'Alexandre
Farnèse, attaché au roi d'Espagne, Philippe II.
Elle se place à la tête des troupes et
défend la
ville pendant les deux mois de siège. Elle fait l'admiration
de
tous y compris des catholiques.
Cette résistance héroïque
évite à la
ville le pillage et les troupes peuvent quitter la ville avec les
honneurs de la guerre.
Jessé de FOREST
:
Né à Avesnes sur Helpe en 1576.
Décédé à Oyapok en 1624.
Compositeur.
Protestant il commence par s'éxiler en France car sa foi
n'est plus acceptée à Avesnes.
Puis la situation en France se dégradant il s'installe
à Leyde en 1615.
Il souhaite immigrer vers le Nouveau Monde et remue ciel et terre pour
y parvenir.
En 1622, il obtient enfin l'accord d'émigrer avec les
familles candidates.
Parti en reconnaissance vers la Guyane, il y meurt en 1624.
Ses enfants et ses compagnons s'installent finalement sur
l'île
de Manhattan, sur le site que les Hollandais allait appeler plus tard
Nouvelle-Amsterdam et les Anglais New-York.
Un quartier de Long Island porte aujourd'hui encore le nom de Forest
Hill.
Robert-François
DAMIEN :
Né à La Thieuloye en 1715.
Décédé à Paris en 1757.
Régicide.
Un temps soldat, il devient ensuite valet de chambre et part travailler
à Paris.
Le 5 janvier 1757, il frappe le roi Louis XV d'un coup de canif, une
simple égratignure qu'il souhaite voir "rappeler le roi
à
ses devoirs".
Il est torturé mais ne dénonce aucun complice, il
n'en avait d'ailleurs probablement pas.
Le 28 mars 1757, il est sorti de sa prison et mené dans un
tombereau, en chemise, devant la porte de Notre-Dame où il
doit
faire amende honorable. Puis il est conduit en place de
grève et
dit l'arrêt "tenaillé aux mamelles, bras, cuisses
et gras
de jambes, sa main droite tenant en icelle le couteau dont il a commit
le parricide brûlée de feu de souffre", et sur les
endroits où il a été
tenaillé est
coulé "du plomb fondu, de l'huile bouillante, de la
poix-résine fondue, de la cire et du souffre fondus
ensemble".
Ensuite son corps est "démembré à 4
chevaux et ses
membres et corps réduits en cendre, et ces cendres
jettées au vent".
Les membre de sa famille doivent s'exiler et changer de nom
sous
peine d'être pendus ou
étranglés sans autre
procès. En fait, le roi ecoeuré par le supplice
et la
décision du Parlement a fait une pension à la
famille du
régicide.
Même sa maison natale doit être détruite
et il est désormais interdit d'y reconstruire un immeuble.
Françoise BADAR :
Née à Valenciennes en 1624.
Décédée en 1677.
Dentellière.
Vers 1640, elle part pour Anvers apprendre le point des Flandres et le
point de Venise.
De retour à Valenciennes, elle mélange les deux
techniques et crée ce qui fera la
rénommée de la
ville : le point deValenciennes.
Au lieu de créer une entreprise, elle décide de
former
des femmes dévotes et crée en 1663 la
Congrégation
des filles de la Sainte-famille. La nouvelle dentelle remporte un tel
succès qu'elle ouvre atelier sur atelier et organise un
véritable réseau de distribution.
Elle meurt en 1677, après avoir aidé à
l'installation d'ateliers à Arras et Le Quesnoy.
On a compté jusqu'à 4000 dentellières
à
Valenciennes au XVIIIe siècle. C'est l'apparition de la
dentelle
mécanique qui fera totalement disparaître ce
métier.
François
DELSARTE :
Né à Solesmes en 1811.
Décédé à Paris en 1871.
Pédagogue.
Séparé de ses parents dès
l'âge de 10 ans,
il est confié à un professeur de musique.
Très
tôt il se destine à une carrière de
chanteur et
entre à 14 ans à l'Ecole Royale de Musique et de
Déclamation. Il y obtient en 1828, le 2e Prix de vocalises.
Malheureusement 2 ans plus tard sa voix s'éteint.
Au lieu de se conformer aux conseils d'un médecin, qui lui
conseille de cesser de chanter, il se met à travailler sur
son
larynx, et en 18 mois retrouve sa voix.
L'intuition de Delsarte, est qu'il existe une
vérité du corps.
Il cherche dès lors à inventer un langage du
corps qui,
selon lui, exprime mieux que de longs discours, les sentiments.
Ses idées germent en Amérique dans le domaine de
la danse
alors que lui-même n'a pas abordé cet aspect de
l'expression corporelle.
En France, les régles de la danse classique
établies sous
Louis XIV, semble trop ancrées pour être remises
en cause.
Ses idées ont ouvert la porte au cinéma muet ou
encore à la danse contemporaine.
Joseph LESURQUES :
Né à Douai en 1763.
Décédé à Paris en 1796.
Fonctionnaire.
Le 28 avril 1796, la malle poste de Lyon qui transporte 7 millions
d'assignats destinés à l'armée
d'Italie est
attaquée et ses convoyeurs assassinés.
Sur la base de témoignages, six hommes sont
arrêtés dont Lesurques.
En quatre jours, l'affaire est jugée et trois d'entre eux
sont condamnés à mort.
Un dénommé Couriol hurle dans la salle alors
qu'on
l'emmène que Lesurques est innocent et que le coupable est
un
dénommé Dubosc qui lui ressemble beaucoup.
Quelques jours plus tard les condamnés sont
exécutés alors que Couriol clame de nouveau
l'innocence
de Lesurques.
Le président du tribunal qui a des doutes reprend
l'enquête.
Il découvre le passager de la malle-poste qui avait
mystérieusement disparu et qui lui aussi accuse Dubosc. On
arrête ce dernier et après un procès
à
rebondissement il est condamné à mort.
Henriette MORIAME :
Né à St Waast la vallée le 22 mars 1881.
Décédé à Maffles (B) le 24 août 1918.
Résistante puis religieuse.
Lors de l'offensive de
l'été 1914, demeurée seule chez ses parents, elle
accueille des soldats britanniques blessés. La nuit avec l'aide
de ses cousines Lucienne et Pauline, de Louise Thuliez et du prince de
Croÿ, elle transporte les militaires vers le château de
Bellignies, propriété du prince.
Elle apprend en 1914 que la famille de Belleville de Montignies dispose
d'un moyen de les évacuer vers la Belgique. Les soldats
reçoivent alors des vêtements civils, des faux papiers et
sont guidès jusque Bruxelles.
Entre juillet et septembre 1915 la plupart des femmes membres de ces
réseaux sont arrêtées, Edith Cavell, la princesse
de Croÿ, la comtesse de Belleville et Louise Thuliez. Le 11
octobre, trois d'entre-elles sont condamnées à mort, mais
seule Edith Cavell est executée.
Henriette Moriamé qui a miraculeusement échappé
à l'arrestation décide d'entrer en religion et entre chez
les Rédemptoristines à Maffles.
C'est là qu'elle meurt deux mois avant l'armistice.
Contantin PECQUEUR PAPERS :
Né à Arleux en 1801.
Décédé à Taverny St Leu en 1887.
Economiste.
Théoricien socialiste, son oeuvre influença Karl Marx.
