Auger de BOUSBECQUES :                                                                                                                                                        
Né à Comines en 1522.
Décédé près de Rouen en 1592.
Botaniste.
Diplomate.
Sa première mission diplomatique le mène à Londres lors du mariage de Philippe II et de Mary Tudor. Le succès en est complet et Ferdinand, frère de Charles-Quint, l'envoye en Turquie défendre les intérêts de l'Autriche. Il y fait deux longs séjours en 1544 et 1562. Il parvient à négocier des trèves et à éviter que le Sultan Soliman II n'attaque l'Europe centrale. Il occupe ses loisirs à enrichir ses connaissances en botaniques. 
De retour en Autriche, il reçoit la direction de la bibliothèque impériale de Vienne, qu'il enrichit de nombreux manuscrits.
Il ramène dans ses bagages de nombreuses plantes et notamment la tulipe, le glaïeul, le lilas et le marronnier d'Inde.
Il est nommé gouverneur des enfants royaux et voyage avec eux à Madrid et à Paris où il accompagne la princesse Elisabeth qui va épouser Charles IX.
Il revient en France comme ambassadeur auprès d'Henri III.
Il meurt près de Rouen des blessures reçues lors d'une attaque de brigands.

Louise de BETTIGNIES :
Née près de St Amand les Eaux en 1880.
Décédé à Lille en 1918.
Résistante.
Polyglotte, elle obtient facilement des emplois d'importance auprès de familles princières. L'archiduc François-Ferdinand d'Autriche, qui sera assassiné à la veille de la 1ere Guerre Mondiale, lui propose même une place de gouvernante qu'elle refuse pour ne pas abandonner la nationalité française.
Infirmière à Lille dès le début de la guerre, elle parvient à porter près de 300 messages entre les membres de familles séparées.
Les services de renseignement anglais informés, lui demandent de travailler pour eux.
Elle organise avec son amie, Léonie Vanhoutte, un vaste réseau, le "service Alice" qui collecte des renseignements acheminés par des courriers hebdomadaires jusqu'à Folkestone.
Arrêtée à Froyennes en octobre 1915, elle passe en conseil de guerre à Bruxelles. Elle est condamnée à mort mais cette peine est commuée en détention à vie. Incarcérée à Sieburg, peu vêtue, mal soignée, elle contracte une pneumonie et décède dans un hôpital de Cologne le 27 septembre 1918.

Alexandrine de BLESCHAMPS :
Née à Calais en 1758.
Décédée en 1855.
Epouse de Lucien Bonaparte, frère de Napoléon 1er.

Bourgeois de Calais :                                               
XIVe siècle.
Ils avaient pour noms : Eustache de Saint-Pierre, Jean d'Aire, Jacques et Pierre de Wissant.
En 1346, après la bataille de Crécy, le roi d'Angleterre, Edouard III, met le siège devant Calais.
La ville resiste pendant 8 mois en se ravitaillant par la mer. L'assiégeant doit mettre 120 navires au large de la ville pour l'empêcher de recevoir de l'aide.
En 1347 la ville se rend, 6 bourgeois de Calais viennent remettre les clés de la ville, les pieds nus, en chemise et la corde au cou. Ils proposent leur sacrifice contre la vie des habitants de la ville.
La reine, Philippine de Hainaut, admire leur courage et demeure au roi la vie sauve pour les bourgeois. A contrecoeur, il accepte.
Calais devient ville anglaise et le demeure jusqu'en 1558.

Antoine BRASSEUR :                                                 
Né à Lille en 1819.
Décédé à Lille en 1886.
Antiquaire et mécène.
L'enfant est déposé le lendemain de sa naissance dans le tour de l'hospice.
Il est alors confié à une nourrice de Péronne en Mélantois qui le soigne bien.
A 12 ans, il revient à l'hospice pour acquérir un minimum d'instruction.
Il est mis en apprentissage, comme "peintre en équipage" et se spécialise dans la réalisation des armoiries.
Il se lie d'amitié avec un habile ouvrier, noble ruiné, Henri de la Motte-Fouquet.
Il s'installe à sa sortie de l'hospice avec lui comme restaurateur et revendeur de tableaux.
Il fait par hasard la connaissance de son frère aîné, installé à Cologne comme marchantd d'art. Il part s'y installer et se constitue une superbe collection personnelle.
A sa mort, il lègue au musée des beaux-arts de Lille, 140 toiles et une importante somme d'argent pour des acquisitions futures.

Marianne BRILLARD dite Marianne toute seule:                                        
Née à Berck sur Mer en 1812.
Décédé en 1874 à Berck sur Mer.
Ayant perdu son mari et ses 4 enfants du choléra en 1852, elle se dévoue pour les petits souffreteux, malingres ou scrofuleux de la région de Berck.
Devant le succès obtenu, l'Assistance Publique s'intéresse à la ville et crée le 1er hôpital maritime, inauguré par l'impératrice Eugénie.

CADET-ROUSSELLE :                                                 
Il existe trois postulants au titre...
Deux d'entre-eux concernent la région.
Le premier serait né à Cambrai vers 1750. Socialement instable, il réalisait des découpages en papier d'une finesse extraordinaire. Tourmenté par les gamins du pays, il se serait réfugié à Douai, il aurait vécu là tout aussi misérablement, couchant dans un four abandonné et y serait mort en 1809.
Le deuxième, Guy Cadet-Rouxelle, originaire de Paris serait venu à Cambrai puis à Lille vers 1782. On a conservé de lui des publicités proposant des oeuvres découpées en papier. Au musée de Douai, se trouve un portrait présumé de ce dernier, tenant à la main une de ses oeuvres.
Le troisième, Guillaume-Joseph Cadet-Roussel, né en 1743 dans le Jura était clerc de notaire à Auxerre à la Révolution. Pour le ridiculiser ses adversaire aurait  créé cette chanson que des volontaires aurait apporté dans le Nord en 1792.
Qu'en conclure ?
Les dernières recherches semblent confirmer à la fois l'origine brabançonne de l'air et celle auxerroise des paroles !

Joseph CASTEL :                                               
Né à Roubaix le 6 mars 1780.
Décédé à Lille le 6 septembre 1859.
Marchand. Garde national.
Le personnage est pittoresque, d'abord garde national puis dragon dans les armées de l'Empire, une fois rendu à la vie civile,il s'installe comme "marchand de bleu" à Lille. Cette profession disparue était alors prospère, elle consistait en la vente de "bleu" qui donnait un apprêt au linge.
Des farceurs lui déclarent alors que s'il s'habille en bleu, il sera sa propre enseigne et fera sa publicité partout où il se rendra.
Il les prend au mot et désormais ne portera plus que des vêtements et accessoires de cette couleur.
Il s'attribue même le titre de "SM l'homme bleu 1er, roi de Lille" !
Affirmant par ailleurs que le nombre 364 lui porte chance, il courtise 364 femmes de la région, auxquelles il adresse 364 lettres de rupture !
Le personnage n'est pas agressif, il distribue des images coloriées en bleu aux enfants.
Il meurt en 1859, sans avoir réalisé son rêve fou de se marier centenaire avec une centenaire...

Victor CHOQUET :                              
Né à Lille vers 1840.
Décédé vers 1898.
Collectionneur de tableaux impressionnistes.
Petit employé des douanes, il consacre une part importante de son budget à l'achat de toiles.
Ses premiers achats sont des Delacroix et des Manet.
Il rencontre Renoir en 1875, qui l'année suivante fait son portrait.
Renoir le présente à Cézanne qui fait lui aussi deux fois son portrait en 1877 et 1889.
A sa mort, il possède 32 Cézanne, 11 Monet, 11 Renoir, 5 Manet et de nombreux dessins et aquarelles.
Sa veuve vend la collection en 1899 avec un confortable bénéfice.

Charles de CROY :
Né à Beaumont en 1560.
Décédé à Beaumont en 1612.
Commanditaire des albums dit "de Croÿ".
De 1596 à 1598, il fit réaliser par le peintre valenciennois Adrien de Montigny, 23 volumes de 2500 gouaches de vues et plans de la région.
Il eut l'idée de faire reproduire les plans cadastraux, non sur papier mais sur parchemin et d'y adjoindre la vue de chacune des localités, peinte à la manière d'un petit tableau.
Les relevés concernent le Hainaut, le Brabant, l'Artois, la Picardie, le Namurois et la Flandre.

Jean de la CAMBE dit GANTOIS :                                                
Né à Lille en 1410.
Décédé à Lille en 1496.
Bourgeois de Lille. Fondateur de l'hospice Gantois.
Riche commerçant, dont la famille est installée à Lille depuis 1322 mais originaire de Gand, d'où le surnom de Gantois.
Notable, il est l'un des Huit Hommes (ainsi se nommait les répartiteurs dimpôts), échevin et même voir-juré (expert) à plusieurs reprises.
Sa fortune devait être considérable puisqu'il est nommé "Roi de l'épinette" en 1442, cet honneur coûteux était réservé à de riches bourgeois en mesure de payer les frais des quinze journées de fêtes du moi de mai (tournois, banquets...).
En 1460, il fonde à Lille, l'hospice St Jean Baptiste, qui reste connu sous le nom de son fondateur, destiné à l'accueil de "13 anciennes gens décrépites et débiles".
En 1472, il fait envoyer à l'armée de Charles le Téméraire qui assiège Beauvais mais meurt de faim, un convoi de vivres à ses frais.
Enfin en 1481, il fait don de plusieurs maisons pour y installer le couvent des Madelonnettes, "filles de légère vie qui se voudraient ôter du péché public et amender leur vie".
A sa mort, il laisse de nombreuses fondations pieuses "pour la rémission de ses péchés".

Jules de VICQ :
Né à Lille en 1808.
Décédé à Lille en 1881.
Né dans une famille aisée de Flandre, il peut consacrer sa vie à ce qui le passionne : les collections d'art.
Dès sa sortie du collège, il achète des livres rares. Puis il étend son intérêt au mobilier, à l'ivoire, aux vitraux mais aussi aux émaux et aux miniatures.
Il montre volontiers ses collections aux visiteurs interessés et les commente avec compétence car il ne cesse de se documenter.
En 1874 est organisée une spectaculaire exposition d'art religieux à Lille qui réunit près de 3000 objets, il est un des principaux prêteur.
A la suite de cet évènement, il est nommé administrateur de deux des commissions qui administrent les musées lillois.
Il décide alors de léguer un nombre important de ses plus belles pièces aux musées.
Après le décès de son mari, sa veuve fait une nouvelle donation et ce sont au total près de 500 objets qui rejoignent les collections lilloises.
Les collections sont d'abord installées au Palais Rihour puis réparties dans les différents lieux d'exposition.
Sa veuve, à 83 ans, voulant offrir une cloche à son église paroissiale et ne le pouvant, faute de clocher, le fait bâtir et peut y installer une cloche de 5 tonnes.

François-Joseph DUPLEIX :
Né à Landrecies en 1697.
Décédé à Paris en 1763.
Administrateur colonial.
Né dans une famille puissante et riche, son père est actionnaire de la Compagnie des Indes, il l'envoye aux Indes à 18 ans en raison de ses fredaines.
Il se marie avec Jeanne de Castro, créole d'origine portugaise, qui connaît parfaitement les langues et les moeurs de l'Inde et qui sera pour beaucoup dans ses succès.
En 1731, il obtient le titre de gouverneur de Chandernagor, qui lui permet de réaliser de fructueuses opérations en Inde mais aussi en Chine.
Il utilise habilement la guerre entre potentats locaux pour accroître l'implantation française. Il prend possession du comptoir de Pondichéry en 1742.
Le traité d'Aix la Chapelle permet à Dupleix d'essayer de mettre en place un régime de protectorat des Indes.
Il se heurte aux Anglais qui souhaitent eux-aussi s'implanter aux Indes.
Le gouvernement et la Compagnie des Indes trouvent les dépenses à engager trop importantes et il est rappelé en France en 1754.
Sa femme meurt en 1756.
Il passera la fin de sa vie à tenter de récupérer auprès de la Compagnie les sommes qu'il a engagé sur sa fortune personnelle.

Paul GACHET :                      
Né à Lille en 1828.
Décédé à Auvers en 1909.
Médecin. Collectionneur d'art. Peintre occasionnel.
Il fréquente à Paris, Courbet et les impressionnistes.
Il les héberge à Auvers et les protège.
La valeur marchande des tableaux qui sont réalisés chez lui à cette époque représentante de quoi faire vivre plus de 100 ans dans des palaces tous ses protégés alors proches de la misère.
Malgré tous ses efforts, il ne parvient pas à empêcher le suicide de Van Gogh.
En achetant les oeuvres de ces peintres incompris, il se constitue une exceptionnelle collection dont le Louvre possède suite à une donation de son fils, une importante partie, parmi ceux-ci on peut citer 7 Cézanne, 5 Van Gogh, 3 Pissaro, 1 Renoir, 1 Monet etc.
Le médecin est également peintre occasionnel signant ses oeuvres Paul Van Ryssel (Ryssel est le nom flamand de Lille).

Nicolas GOSSON :                                 
Né à Arras en 1506.
Décédé à Arras en 1579.
Avocat.
Il est exécuté à Arras en 1579 pour avoir encouragé des troubles contre l'Echevinage.

Alexandre LELEUX :                                               
Né à Lille en 1812.
Décédé à Lille en 1873.
Journaliste et amateur d'art.
Après des études classiques, il entre au journal que dirige son père, "L'écho du Nord".
A l'époque ce quotidien est en constante opposition avec la censure impériale.
Célibataire et disposant de revenus importants, il voyage beaucoup et achète de nombreuses toiles de Maîtres. Il se constitue peu à peu une collection reconnue internationalement.
A sa mort, en 1873, il lègue au Musée de Lille les 200 oeuvres constituant sa collection composée de peintures hollandaises et flamandes de grand intérêt. C'est la première grande donation que reçoit le musée.

Adrien MAES :                                               
Né à Aire sur la Lys en 1762.
Décédé à Lille en 1823.
Barbier-perruquier.
Il vient s'installer à Lille très jeune où il se marie en 1786 avec une "faiseuse de modes".
Il tient commerce de barbier-perruquier.
En 1792, lors du siège de Lille par les Autrichiens, les assaillants cherchent à faire plier la population par un bombardement incessant.
Il tirent jour et nuit à boulet rouge et déclenchent des incendies dans la ville.
Des parades sont trouvées par la population, des guetteurs surveillent la direction des tirs et préviennent les pompiers, tandis qu'on étend du fumier maintenu humide sur les planchers des greniers.
Dans ce contexte, Adrien Maes, dont l'échoppe située sur l'actuelle rue du Molinel vient d'être bombardée, s'installe dans la rue pour continuer son travail.
Son matériel ayant été détruit il utilise un grand éclat de bombe comme plat à barbe.
22 lillois viennent se faire raser dans ces conditions.
Finalement le bombardement est un échec et les Autrichiens vexés d'être tenus en échec par une armée de boutiquiers se retirent le 8 octobre.
Après le siège le barbier est employé aux assignats puis devient agent de change rue de Paris.
Il fait de mauvaise affaire et termine sa vie comme tenancier d'une pension de famille rue Basse.

Jeanne MAILLOTTE :                                               
Personnage légendaire.
Malgré une trève signée en 1579, les combats entre protestants et catholiques se poursuivent dans la région.
Les environs de Lille sont souvent attaqués par les Tournaisiens surnommés les Hurlus.
Lille prend des mesures pour se protéger et on expulse ou on execute les contestataires.
Mais le 29 juillet 1582, une bande venant de Menin commence à envahir les faubourgs de la ville.
La propriétaire d'un cabaret, Jeanne Maillotte, se met à la tête des milices bourgeoises et des archers de St Sébastien qui repoussent l'assaut.
Voilà pour la légende.
En fait, si l'assaut a bien eu lieu et fut repoussé, il n'est fait mention d'une femme que deux siècles plus tard, elle n'a d'abord pas de nom, puis est simplement appelée Maillotte, enfin elle devient Jeanne Maillotte, peut-être par rapprochement avec Jeanne Hachette de Beauvais.
Mais la légende a la vie dure et en 1936, la municipalité de Lille a fait ériger une statue au milieu de l'avenue du Peuple belge en hommage à la jeune femme !

Charles RAMEAU :
Né à Fournes en 1791.
Décédé à Templeuve en 1876.
Horticulteur.
Il naît au sein d'une famille aisée à Fournes.
Ses parents viennent s'installer peu après sa naissance à Lille.
Il a une passion, l'horticulture et il est un des membres fondateurs de la Société d'horticulture de Lille.
Il consacre aussi beaucoup de temps à l'action publique, il est conseiller municipal et vice-président du Comité d'instruction primaire.
Au décès de sa femme, il fait un don à la ville de Wazemmes qui lui permet de commencer les travaux d'un hôpital (St Roch).
Il est riche mais vit modestement. Tout le monde ignore son grand projet : faire don à la ville de Lille d'une somme suffisante pour bâtir un palais consacré à l'horticulture et à la musique.
Il fait un 1er don de 300000 francs en 1875 mais les plans élaborés par les architectes pour élever un palais de style mauresque dépassent ce montant.
Il fait un nouveau don de 50000 francs et lègue sa maison.
Il met quelques conditions à sa donation, que le palais ne serve qu'à des manifestations liées à la musique ou à l'horticulture et que la ville de Lille entretienne à perpétuité sur sa tombe, un plan de vigne, un dahlia, un plant de pomme de terre, un fraisier et un rosier. De plus la ville devra assurer un sort heureux à ses chèvres et à leurs descendantes.
Il meurt en 1876, regretté par beaucoup.
Le palais sert désormais à d'autres usages, les plantes qui poussent sur sa tombe sont bien différentes de celles qu'il avait choisi, et les chèvres ne sont plus là, les guerres leur ont été fatales. Mais le chalet fréquenté aujourd'hui par les marionnettistes était l'abri des chèvres...

Edouard REYNART :                                     
Né à Lille en 1802.
Décédé à Lille en 1879.
Conservateur du Musée de Lille.
Né dans une famille très aisée de Lille, il montre rapidement des talents de peintre.
En 1840, un de ses parents, conservateur, prend sa retraite. Il le secondait bénévolement depuis déjà quelques années et il reprend le flambeau.
Il est officiellement investi du titre de conservateur deux ans plus tard.
Le maire, inquiet des idées novatrices du nouveau responsable, crée une commission chargée de contrôler les activités du Musée.
Il parvient à séduire les membres de l'instance supposée le surveiller.
Il a de nombreuses relations, il parvient à susciter des legs et à faire des achats judicieux, il sollicite aussi sans cesse le gouvernement pour obtenir des dépôts intéressants.
En 1840, le musée posséde 192 toiles, en 1875, on est passé à 759 !
En 1874, sont achetées "Les jeunes" et "Les vieilles" de Goya. La commission ne souhaite acheter que le premier, Reynart contacte ses relations et un groupe de ses amis achète le second pour l'offrir à la ville...
Il publie des catalogues, installe un musée des gravures, aménage un second musée au Palais Rihour...
Il meurt en 1879, la ville de Lille ne le payait plus depuis 1848, la somme étant allouée à des achats de tableaux.
Il lègue une somme importante pour les acquisitions ultérieures.

Edouard VAN HENDE :                          
Né à Lille en 1819.
Décédé à Lille en 1900.
Numismate.
Son père est instituteur, il fait ses études au lycée de Lille puis s'associe en 1841 avec son père à la direction du pensionnat de garçons que celui-ci a créé en 1831.
Un rédacteur du journal "L'artiste" lui demande un article en 1850. Il lui adresse une étude de nimismatique.
En 1858, il fait paraitre une "Numismatique lilloise" de 288 pages ! L'atelier de monnaie lillois ayant fermé en 1857, elle se veut exhaustive.
Plusieurs fois complété, cet ouvrage devenu la référence dans son domaine, est toujours utilisé de nos jours.
En 1859, son père lui céde la direction du pensionnat. Suite à la parution de son livre, il devient membre de la Commission histoirique du département du Nord, de la Société Impériale de la science, de la nature et des arts, de la société royale de numismatique de Belgique.
Il s'interesse également à l'histoire locale. Pendant 14 ans, il fait paraitre un agenda du commerce, qui outre son utilité pratique, contient de nombreuses informations sur l'histoire de Lille. Toutes ces notices sont regroupées dans une "Histoire de Lille".
En 1866 pour fêter le 25e anniversaire de sa vie d'enseignant, il fait graver quelques centaines de médailles qu'il distribue à ses élèves.
En 1880, il participe à la création de la Société de géographie.
A sa mort, il lègue au Musée de Lille, 50 objets ou médailles à choisir dans sa collection. Sa veuve y ajoute la totalité des médailles lilloises.

François VIDOCQ :                                           
Né à Arras en 1779.
Décédé à Paris en 1857.
Bagnard. Chef de la police.
Il est fils d'un boulanger d'Arras, il s'enfuit à 17 ans de chez lui en volant de l'argent à son père et s'engage dans l'armée. Peu après il déserte.
Pendant plusieurs années, il s'engage et déserte plusieurs fois. Au passage, il vole.
Il se déplace entre Arras, Bruxelles, Douai et Lille.
Il connaît bien les prisons de ces villes où il fait de fréquents séjours mais ne finit jamais sa peine.
Il est envoyé au bagne, il passe successivement à Brest, Nantes et Toulon mais s'en évade également.
Les services de police en viennent à penser qu'il peut leur être utile, sous l'Empire d'abord, puis entre 1823 et 1827 et enfin de 1832 à 1837.
Il occupe même un temps un poste élevé de responsable de la police à Paris.
Il meurt de façon obscure et probablement dans la misère à Paris en 1857.
Il aurait servi de modèle à Balzac pour Vautrin et à Victor Hugo pour Jean Valjean.

Jean-Baptiste WICAR :                          
Né à Lille en 1762.
Décédé à Lille en 1834.
Peintre. Collectionneur.
Il naît dans une modeste famille de Lille et ne peut poursuivre ses études que grâce à la générosité de lillois.
Eléve de David, il devient le préféré du maître.
Bien qu'excellent portraitiste, il est contraint de s'exiler en Italie après la chute de Robespierre. Il y devient un des experts chargés de guider les commissaires français qui choisissent après les victoires de Bonaparte en Italie, les oeuvres à ramener en France.
Il se constitue à cette occasion une très belle collection de dessins.
Quand le Directoire tombe, le Consulat met fin aux "pillages officiels". Il décide cependant de rester à Rome, où il connaît un réel succès.
En 1832, il reprend contact avec sa ville natale à la suite de la visite de deux membres de la Société des sciences et des arts de Lille.
Il décide alors de léguer à la Société qui en fera don au Musée des beaux-arts, sa collection d'oeuvres d'art.
De même il crée une fondation destinée à l'entretien des jeunes artistes à Rome qui existe toujours.

Batiste CHAMBRAY dit Batiste CANTAING :
Né à Cantaing sur Escaut.
Décédé 
Inventeur de la batiste.
Cet ouvrier aurait inventé cette toile très fine et très légère réalisée avec une armure de fils de lin à l'origine.
Elle devait être tissée dans des caves humides pour que le fil garde toute sa souplesse.
On en faisait des mouchoirs, des blouses et des robes de baptême.
La qualité de ce tissu fit la renommé de toute la région de Cambrai.

Antoine-Joseph MONEUSE :                          
Né en 1768.
Décédé à Douai en 1798.
Chef de brigands.
Il est issu d'une famille qui n'est pas inconnue de la justice, son grand-père est mort à la prison de St Omer où il purgeait une peine de 14 ans pour avoir pillé des troncs d'église.
La famille, originaire d'Armentières vient s'installer près de Douai en 1776.
Il agit en France comme en Belgique, attaquant les diligences comme les maisons et n'hésitant pas à chauffer les pieds des victimes au feu pour connaître l'emplacement du magot.
Sa bande peut regrouper 300 malfaiteurs selon ses déclarations.
Le 18 juin 1798, il est conduit à l'échafaud pour être guillotiné à Douai.

Philippe-Christine de LALAING, princesse d'ESPINOY :                          
Née à Condé sur Escaut vers 1560.
Décédée.
Héroïne de Tournai.
Elle épouse en 1579 Pierre de Melun, gouverneur de Tournai, ville essentiellement calviniste.
En 1551 la ville est attaquée par les troupes d'Alexandre Farnèse, attaché au roi d'Espagne, Philippe II.
Elle se place à la tête des troupes et défend la ville pendant les deux mois de siège. Elle fait l'admiration de tous y compris des catholiques.
Cette résistance héroïque évite à la ville le pillage et les troupes peuvent quitter la ville avec les honneurs de la guerre.

Jessé de FOREST :                                      
Né à Avesnes sur Helpe en 1576.
Décédé à Oyapok en 1624.
Compositeur.
Protestant il commence par s'éxiler en France car sa foi n'est plus acceptée à Avesnes.
Puis la situation en France se dégradant il s'installe à Leyde en 1615.
Il souhaite immigrer vers le Nouveau Monde et remue ciel et terre pour y parvenir.
En 1622, il obtient enfin l'accord d'émigrer avec les familles candidates.
Parti en reconnaissance vers la Guyane, il y meurt en 1624.
Ses enfants et ses compagnons s'installent finalement sur l'île de Manhattan, sur le site que les Hollandais allait appeler plus tard Nouvelle-Amsterdam et les Anglais New-York.
Un quartier de Long Island porte aujourd'hui encore le nom de Forest Hill.

Robert-François DAMIEN :                                  
Né à La Thieuloye en 1715.
Décédé à Paris en 1757.
Régicide.
Un temps soldat, il devient ensuite valet de chambre et part travailler à Paris.
Le 5 janvier 1757, il frappe le roi Louis XV d'un coup de canif, une simple égratignure qu'il souhaite voir "rappeler le roi à ses devoirs".
Il est torturé mais ne dénonce aucun complice, il n'en avait d'ailleurs probablement pas.
Le 28 mars 1757, il est sorti de sa prison et mené dans un tombereau, en chemise, devant la porte de Notre-Dame où il doit faire amende honorable. Puis il est conduit en place de grève et dit l'arrêt "tenaillé aux mamelles, bras, cuisses et gras de jambes, sa main droite tenant en icelle le couteau dont il a commit le parricide brûlée de feu de souffre", et sur les endroits où il a été tenaillé est coulé "du plomb fondu, de l'huile bouillante, de la poix-résine fondue, de la cire et du souffre fondus ensemble". Ensuite son corps est "démembré à 4 chevaux et ses membres et corps réduits en cendre, et ces cendres jettées au vent".
Les membre de sa famille doivent s'exiler et changer de nom sous peine d'être pendus ou étranglés sans autre procès. En fait, le roi ecoeuré par le supplice et la décision du Parlement a fait une pension à la famille du régicide.
Même sa maison natale doit être détruite et il est désormais interdit d'y reconstruire un immeuble.

Françoise BADAR :                           
Née à Valenciennes en 1624.
Décédée en 1677.
Dentellière.
Vers 1640, elle part pour Anvers apprendre le point des Flandres et le point de Venise.
De retour à Valenciennes, elle mélange les deux techniques et crée ce qui fera la rénommée de la ville : le point deValenciennes.
Au lieu de créer une entreprise, elle décide de former des femmes dévotes et crée en 1663 la Congrégation des filles de la Sainte-famille. La nouvelle dentelle remporte un tel succès qu'elle ouvre atelier sur atelier et organise un véritable réseau de distribution.
Elle meurt en 1677, après avoir aidé à l'installation d'ateliers à Arras et Le Quesnoy.
On a compté jusqu'à 4000 dentellières à Valenciennes au XVIIIe siècle. C'est l'apparition de la dentelle mécanique qui fera totalement disparaître ce métier.

François DELSARTE :                          
Né à Solesmes en 1811.
Décédé à Paris en 1871.
Pédagogue.
Séparé de ses parents dès l'âge de 10 ans, il est confié à un professeur de musique. Très tôt il se destine à une carrière de chanteur et entre à 14 ans à l'Ecole Royale de Musique et de Déclamation. Il y obtient en 1828, le 2e Prix de vocalises.
Malheureusement 2 ans plus tard sa voix s'éteint.
Au lieu de se conformer aux conseils d'un médecin, qui lui conseille de cesser de chanter, il se met à travailler sur son larynx, et en 18 mois retrouve sa voix.
L'intuition de Delsarte, est qu'il existe une vérité du corps.
Il cherche dès lors à inventer un langage du corps qui, selon lui, exprime mieux que de longs discours, les sentiments.
Ses idées germent en Amérique dans le domaine de la danse alors que lui-même n'a pas abordé cet aspect de l'expression corporelle.
En France, les régles de la danse classique établies sous Louis XIV, semble trop ancrées pour être remises en cause.
Ses idées ont ouvert la porte au cinéma muet ou encore à la danse contemporaine.

Joseph LESURQUES :                           
Né à Douai en 1763.
Décédé à Paris en 1796.
Fonctionnaire.
Le 28 avril 1796, la malle poste de Lyon qui transporte 7 millions d'assignats destinés à l'armée d'Italie est attaquée et ses convoyeurs assassinés.
Sur la base de témoignages, six hommes sont arrêtés dont Lesurques.
En quatre jours, l'affaire est jugée et trois d'entre eux sont condamnés à mort.
Un dénommé Couriol hurle dans la salle alors qu'on l'emmène que Lesurques est innocent et que le coupable est un dénommé Dubosc qui lui ressemble beaucoup.
Quelques jours plus tard les condamnés sont exécutés alors que Couriol clame de nouveau l'innocence de Lesurques.
Le président du tribunal qui a des doutes reprend l'enquête.
Il découvre le passager de la malle-poste qui avait mystérieusement disparu et qui lui aussi accuse Dubosc. On arrête ce dernier et après un procès à rebondissement il est condamné à mort.

Henriette MORIAME :                           
Né à St Waast la vallée le 22 mars 1881.
Décédé à Maffles (B) le 24 août 1918.
Résistante puis religieuse.
Lors de l'offensive de l'été 1914, demeurée seule chez ses parents, elle accueille des soldats britanniques blessés. La nuit avec l'aide de ses cousines Lucienne et Pauline, de Louise Thuliez et du prince de Croÿ, elle transporte les militaires vers le château de Bellignies, propriété du prince.
Elle apprend en 1914 que la famille de Belleville de Montignies dispose d'un moyen de les évacuer vers la Belgique. Les soldats reçoivent alors des vêtements civils, des faux papiers et sont guidès jusque Bruxelles.
Entre juillet et septembre 1915 la plupart des femmes membres de ces réseaux sont arrêtées, Edith Cavell, la princesse de Croÿ, la comtesse de Belleville et Louise Thuliez. Le 11 octobre, trois d'entre-elles sont condamnées à mort, mais seule Edith Cavell est executée.
Henriette Moriamé qui a miraculeusement échappé à l'arrestation décide d'entrer en religion et entre chez les Rédemptoristines à Maffles.
C'est là qu'elle meurt deux mois avant l'armistice.

Contantin PECQUEUR  PAPERS :                           
Né à Arleux en 1801.
Décédé à Taverny St Leu en 1887.
Economiste.
Théoricien socialiste, son oeuvre influença Karl Marx.