François COTTIGNIES dit BRULE-MAISON :                                                                                                                       
Né à Lille le 16 janvier 1678.
Décédé à Lille le 1er février 1740.
Chansonnier.
Mercier de profession, installé sur l'actuelle place du théâtre, il préfère la création et la diffusion de chansons comiques et satiriques.
Il exploite les situations comiques du quotidien, les querelles de voisinage ou de famille, les adultères...
Il écrit de nombreuses chansons contre les Tourquennois alors principaux rivaux des Lillois, les "pasquilles".
Différentes explications ont été données à son surnom mais il semble que malgré une légende tenace, il ne vienne pas du fait qu'il brûlait des maisons de papier pour attirer les passants mais bien de la tenue de brigand qu'il affecte de revêtir.
Il se déplace également et va en pélerinage à Compostelle et deux fois à Rome. Un soir trouvant la soupe trop chaude, il dit à sa femme qu'il va à Rome attendre qu'elle refroidisse, elle pense qu'il se rend au cabaret voisin qui porte ce nom mais ne le revoit qu'un an plus tard de retour de ... Rome !
Il meurt très pauvre en 1740.

Jenny COLON :                                     
Née à Boulogne sur Mer le 5 novembre 1808.
Décédée à Paris le 5 juin 1842.
Cantatrice.
Fille d'artistes itinérants originaires de Bordeaux, elle naît un peu par hasard à Boulogne sur Mer.
Après avoir chanté un temps avec sa soeur Eléonore, elle fait une brève carrière à l'Opéra comique de Paris.
Elle épouse en 1838, un flûtiste d'origine lilloise.
En 1834, Gérard de Nerval s'éprend d'elle et lui écrit des lettres enflammées. Il la décrira dans son oeuvre sous le pseudonyme de Aurélie ou Aurélia.
Elle meurt très jeune, on dit que la dépression qui conduira Nerval au suicide est née de cet amour malheureux.

Frères COQUELIN :
Constant :
Né à Boulogne sur Mer en 1841.
Décédé à Pont aux Dames en 1909.
Ernest :
Né à Boulogne sur Mer en 1848.
Décédé en 1909.
Acteurs.
Leur père espère d'abord voir Constant reprendre son commerce de boulangerie puis Ernest. Mais tous deux ayant le goût de la comédie, ils partent pour Paris.
Tous deux lauréats du conservatoire et sociétaires de la Comédie Française.
Constant excelle dans le rôle de Cyrano. Il se fait une réputation mondiale.
Un temps directeur de théâtre, il créé également une maison de retraite pour vieux artistes à Pont aux Dames.
Ernest, lui crée de nombreux rôles et écrit abondamment sur le théâtre.

Claire Josephe de la TUDE dite Mlle CLAIRON :                                     
Née à Condé sur Escaut en 1723.
Décédée à Paris en 1803.
Comédienne.
Elle est fille d'un sergent d'infanterie et d'une modiste.
Une voisine qui s'ennuie à Paris, la fait venir et entrer à la Comédie italienne, où elle se fait remarquer.
On lui propose des engagement à Rouen, Dunkerque, Gand et à Lille, où elle participe à la création du "Mahomet" de Voltaire.
Celui-ci séduit la faire rentrer à la Comédie française où elle débute à 20 ans dans le rôle de Phèdre.
A côté de sa carrière d'actrice appréciée, elle mène une vie "animée", ayant de nombreux amants. Encouragée par Marmontel, auteur de pièces, elle modifie son jeu et commence à prendre des attitudes plus naturelles et à adopter une diction différente.
Elle teste sa nouveauté à Bordeaux en 1752, la majorité du public et des critiques approuvent.
Elle décide alors de simplifier les costumes de scènes, tentant de les rapprocher de la vérité historique.
En 1767, elle quitte la scène car elle souffre de phtisie mais continue à donner des cours et des représentations privées.
Elle abandonne toute activité publique en 1781 et s'installe à Issy.
Ruinée par la Révolution, elle s'installe chez sa fille adoptice et meurt en 1803, oubliée.

Gustave NADAUD :                                     
Né à Roubaix en 1820.
Décédé à Passy en 1893.
Chansonnier.
Il naît à Roubaix parce que son père est venu s'installer près de celle qu'il va épouser.
En 1840, la famille revient à Paris et il devient l'associé de son père, étant destiné à lui succéder.
Mais le fils ne rêve que de poésie et de musique. Il fréquente les bals populaires et écrit la chanson "Volupté" qui est un succès.
Quand son père apprend qui en est l'auteur, il se fâche mais pardonne.
Nadaud continue tant que son père vit, à mener une double vie, auteur de chansons et industriel, puis il décide de ne se consacrer qu'à son métier d'auteur-compositeur.
Ses opinions politiques, il est royaliste modéré, n'empêchent pas Napoléon III de le recevoir et de rire franchement en entendant "Les deux gendarmes".
Il est profondément bon et vient même en aide à Eugène Pottier, auteur des paroles de "L'internationale" tombé dans la misère.
Il est apprécié par un vaste public, même le triste Pasteur déclare aimer ses oeuvres.
Quand il meurt, après avoir composé plus de 300 chansons, la nouvelle frappe le pays tout entier.

Antoine RENARD :                                     
Né à Lille en 1825.
Décédé en 1872.
Tenor. Compositeur de chansons.
Né à Roubaix, il part pour Paris pour mener une carrière de tenor à l'opéra.
Mais sa carrière n'est pas celle qu'il espère et il se reconvertit dans le music-hall, se produisant au café de l'Eldorado.
En 1867, il rencontre Jean-Baptiste Clément qui lui demande de mettre en musique les paroles de la chanson qu'il vient de composer : "Le temps des cerises".
Cette chanson à la mode devient lors des événements de la Commune, la chanson des ouvriers.
Il est l'auteur d'autres romances et chansons aujourd'hui oubliées comme "Le bonheur des champs" ou "Le barde gaulois".
Mais c'est bien la chanson d'amour de Clément qui perpétue aujourd'hui encore le souvenir de Renard.

Alfred MACHIN :                           
Né à Blendecques en 1877.
Décédé à Nice en 1929.
Cinéaste.
Il tourne son premier film en 1908, "Chasse à l'hippopotame sur le Nil bleu", il est muet bien sur et ne dure que 8 minutes !
Reporter photographe pendant la Grande Guerre pour la maison Pathé, il vit le conflit au quotidien et enregistre de nombreuses images.

En 1923, il réalise "Bêtes...comme les hommes" qui est un succès. Ce film déconcertant est une parodie des films américains à rebondissements. Ses seuls acteurs sont des animaux.
Encore par cette réussite il se spécialise dans le film animalier. Il dresse un chimpanzé, Auguste, et en fait une vraie vedette. L'animal tourne aux côtés des stars du cinéma de l'époque.
Il s'installe en 1926 dans les anciens studios de Pathé-Nice où ont été tournés une grande partie des courts métrages comiques de l'avant-guerre. Il retape et modernise les vieux bâtiments. Il fait jouer dans ses films sa femme, Germaine Lécuyer, ancienne vedette de théâtre, et ses trois enfants.
Malheureusement il meurt peu après et tombe dans l'oubli.

Jeanne de LA FONTE dite Renée ADOREE :                           
Né à Lille en 1898.
Décédé à Tujunga en 1933.
Actrice.
Fille d'artistes de cirque, elle commence à se produire en public dès l'âge de 5 ans.
Elle débute comme comédienne de théâtre.
Quand éclate la Grande Guerre, elle se trouve en Russie et doit fuit vers Londres. Elle se rend ensuite à New-York où elle continue à jouer des pièces de théâtre.
En 1920, elle tourne son premier film, "The strongest" et on lui donne son nom d'artiste.
Le 1er janvier 1921, elle rencontre Tom Moore, alors acteur réputé à Hollywood et l'épouse 6 semaines plus tard.
L'idylle ne durera que 5 ans.
De petite taille, son physique "passe" cependant remarquablement bien au cinéma.
Son plus grand rôle est celui de "Mélisandre" qu'elle tient dans un des meilleurs film muet jamais tourné : "The big parade" de King Vidor en 1925.
Lors de l'avènement du cinéma parlant, elle est une des rares actrices dont la voix porte assez loin pour pouvoir continuer à jouer.
Elle tourne avec un acteur célèbre de cette époque, Ramon Novarro.
En 1930, elle a déjà tourné 44 films. Mais on lui diagnostique une tuberculose et elle doit cesser de tourner.
Elle meurt quelques jours après son 35e anniversaire le 5 octobre 1933 en Californie.
Son passage bien que bref est encore commémoré par une étoile sur le Hollywood walk of fame pourant créé en 1958.

Jean-François GRAVELET dit LE GRAND BLONDIN :                               
Né à Saint Omer en 1824.
Décédé à Londres en 1897.
Funambule.
Professionnel du cirque, il vient aux Etats-Unis en 1855.
Le 30 juin 1859, il a été le premier à traverser les chûtes du Niagara sur un cable. Il s'offre même le luxe de faire un saut périlleux arrière au milieu de la traversée !
Il renouvelle de nombreuses fois la traversée, à vélo, les yeux bandés, en poussant une brouette, les pieds et mains menottées etc.
Mais le 19 août de la même année, il entreprend la traversée avec son imprésario sur les épaules, suite à de multiples incidents, la traversée est un cauchemar mais le couple parvient quand même sain et sauf sur l'autre rive !
Il meurt à Londres en 1897.

Rosalie LEVASSEUR :                           
Né à Valenciennes en 1749.
Décédé à Paris en 1826.
Cantatrice.
Elle est admise à l'Académie royale en 1766.
Elle est l'interprète préférée de Gluck.

Marcel LEGAY :                           
Né à Ruitz en 1851.
Décédé à Paris en 1915.
Chansonnier.
Auteur de la chanson "Ecoute Ô mon coeur", chanson du pays d'Artois :

Enfant à l'âme inasservie,
Jadis entraîné loin de toi,
Sol natal je revois ma vie
Prèsd'un berceau sous l'humble toit ;
Et dans mes soirs de rêverie
S'en va vers mon coeur attristé
L'écho de tes berges fleuries
Et mon hiver est un été.

Refrain :

Écoute, Ô mon coeur, écoute la harpe
Du vent de chez nous, du pays d'Artois.
C'est un très vieux air des bords de la Scarpe
Qui chante aujourd'hui tout comme autrefois.

Devenu plus grand, c'est la terre,
Terre d'Artois au sol fécond,
Qui consola ma peine amère
Avec ce refrain vagabond;
Et mes yeux aux clartés de cierges,
Parmi l'herbe où j'allais m'asseoir,
Voyaient errer de pâles vierges
Dans les ombres vagues du soir.

Cependant renaît comme un songe,
Tout au fond de mon souvenir,
Sans l'illusion du mensonge,
Un printemps qui ne peut finir;
Et le labeur des belles filles
Qui s'en vont aux jours des moissons
Fauciller le pain des familles
S'achève au vol de tes chansons.