Charles Frédéric KUHLMANN :                                                                                                                                              
Né à Colmar en 1803.
Décédé à Lille en 1881.
Industriel et chimiste.
En 1823, la France cherche à se développer industriellement.
A Lille, on crée des cours municipaux pour enseigner les matières utiles à l'industrie.
Mais il n'y a pas de cours de chimie. C'est pourquoi le responsable prend contact avec son ami, le célèbre chimiste Vauquelin, pour lui demander conseil. Celui-ci lui recommande Kuhlmanne, un de ses élèves alsaciens auquel il désire procurer une situation.
Dans l'amphithéâtre de chimie se cotoyent étudiants, techniciens et industriels.
En 1825, il inaugure la 1ère usine d'acide sulfurique du Nord. L'entreprise se développe rapidement.
En 1840 il est élu Président de la Chambre de commerce de Lille et le reste jusqu'en 1869.
Jusqu'en 1854, il mène de front ses carrières d'enseignant, de chimiste et d'industriel.
C'est Pasteur, qu'il invite à venir organiser la faculté des sciences nouvellement créée qui reprend le cours de chimie.
Le capital de son entreprise dépasse 5 millions en 1870.
Il crée après la guerre la Société Industrielle du Nord de la France dont il est élu Président en 1873. Son but est de favoriser l'expansion industrielle et commerciale par la formation et l'échange de connaissances.
Il poursuit son action jusqu'à sa mort en 1881.

Victor PLANCHON :                          
Né à Paris en 1863.
Décédé en 1934.
Chimiste. Premier fabricant de pellicules souples.
Il vient à Boulogne en 1887 pour diriger le laboratoire départemental d'analyses.
Passionné de photographie, il commercialise le premier en Europe les pellicules souples en celluloïd, comme le fait Kodak aux Etats-Unis.
Il travaille avec les frères Lumière pour l'élaboration des premières pellicules cinématographiques qui sont mises au point à Boulogne sur Mer.

Adrien OBE de BRACQUEMONT :                               
Né à Reims en 1815.
Décédé en 1885.
Fondateur et directeur des mines de Noeux les Mines.
Il naît à Reims, ville d'origine de sa famille, alors que son père, officier d'artillerie, y tient garnison.
Il sort Ingénieur Civil de l'Ecole des Mines de St Etienne en 1837.
Il travaille d'abord à Decazeville puis aux Charbonnages de l'Escouffiaux près de Mons.
Mais sa jeune épouse souhaite rentrer en France, il accepte alors la direction des mines de Bruille, qui sont réunies peu après avec celles de Vicoigne.
Adrien Obé de Bracquemont est à l'origine - en tant que Directeur des Mines de la Vicoigne - de la découverte du charbon dans la partie occidentale du bassin houiller du nord, à l'ouest de Douai.
En 1841, un sondage par puits artésien avait permis de trouver du charbon à Oignies à 151 mètres sous terre mais cette découverte avait été conservée secrète. Bracquemont est cependant convaincu de l'existence d'un bassin à l'ouest de Douai et 
trace un programme de sondage entre Lens et Béthune, qu'il propose aux administrateurs des mines de la Vicoigne mais ceux-ci le refusent. Entre 1846 et 1850, assisté par du Souich, ingénieur des mines à Arras, et soutenu par de nouveaux investisseurs, il fait procéder à des sondages méthodiques sur tout le terrain entre Douai et Lens. Trois concessions sont alors accordées aux compagnies de la Scarpe, de Douchy et de Mulot. On découvre à la même époque des gisements à Courrière et à Lens.
Il revient alors vers sa Compagnie et propose de poursuivre les recherches entre Lens et Béthune.
Cette fois la compagnie de la Vicoigne entame une campagne de sondages le long de la route Arras-Béthune.
Sans attendre l'octroi d'une concession, il ouvre le 1er avril 1851 la 1ère fosse à Noeux, petit village agricole où il crée de nombreuses maisons ouvrières, des écoles et une église. Le puits de Noeux est plus moderne que tous ceux existants avec une largeur de 4 mètres, les machines les plus puissantes de tout le bassin minier, il fait installer des cages de descente, des ventilateurs...

Il construit aussi des embranchements ferrés et un tronçon de canal pour raccorder les mines aux réseaux ferrés et navigables.
A la suite de ce succès, la compagnie ouvre rapidement cinq autres fosses.
Bracquemont, quant à lui, est sollicité par toutes les compagnies et c'est ainsi qu'il collabore aux travaux des premières fosses de Ferfay, Lens et Dourges.
Il reçoit en 1864 la Légion d'honneur, distinction rare pour qui n'était ni fonctionnaire ni militaire sous le Second-Empire.
Il était apprécié de ses subordonnés ayant fait bénéficier ses ouvriers de salaires adaptés et d'oeuvres sociales. Pendant les 40 ans de sa direction aucune grève n'éclate aux Mines de la Vicoigne.
A la veille de la mort de Bracquemont, sa compagnie produit 775000 tonnes par an.
Ce mineur d'exception a même remporté un succès posthume, en 1872 il avait signalé à son conseil un sondage prometteur. La compagnie n'avait pas jugé bon d'aller plus loin mais en 1929, quand la compagnie des Mines de la Vicoigne est menacé de fermeture pour cause d'épuisement, les recherches sont reprises et en 1931 une nouvelle veine est mise en exploitation, ce qui permet d'éviter la fermeture et de redonner un espoir de production pour un siècle.